La fondation de l'association 
L'association dite "Société Normande d'ethnographie et d'Art populaire", Le Vieux Honfleur, est fondée le 1er juin 1896 sur l'initiative du conservateur du musée municipal Léon Leclerc. Le petit groupe de personnes qui répond à son appel décide de constituer un comité de 15 membres afin de jeter les bases de l'association. Ses statuts sont élaborés en s'inspirant de ceux de la société nationale d'Ethnographie et d'Art populaire siégeant à Paris, qui est présidée par André Theuriet. Les statuts sont approuvés par le préfet du Calvados le 6 janvier 1897.
Le bureau est composé de présidents d'honneur (MM Butel, maire de Honfleur, Charles Bréard, historien, Albert Sorel, historien, secrétaire du sénat et membre de l'Académie Française, André Theuriet, écrivain, membre de l'Académie Française.) d'un président, le colonel Lachèvre, d'un vice président, Arthur Boudin, agrégé de mathématiques, principal du collège municipal, d'un trésorier, Paul Bréard, notaire, et d'un secrétaire, Léon Leclerc lui-même.

L'oeuvre pionnière du Vieux Honfleur

Le premier objectif est de créer un musée régional d'ethnographie et d'Art populaire. Au début les collections se trouvent regroupées sans mise en scène, ni organisation rigoureuse, à la manière "des cabinets de curiosité" dans l'ancienne église Saint-Etienne que les douanes ont acceptée de libérer pour que la commune puisse la mettre à disposition de l'association. L'église est en très mauvais état et nécessite donc d'importants travaux. Pour les financer et en même temps enrichir la collection d'objets à présenter,  l'association organise une grande exposition de la vie traditionnelle normande et ouvre une loterie de 400 000 billets à 1 F autorisée par un arrêté ministériel en date du 14 mai 1898. Cette exposition, du 31 juillet au 30 septembre 1899, et cette loterie ont un très grand succès ce qui permet à l'association de réaliser ses projets : la restauration de l'église (avec la reconstruction du clocher), l'achat d'un immeuble du XVIe siècle, rue de la prison.En même temps se tient le 3e congrès de la société nationale d'ethnographie dont le thème est la "Normandie traditionnelle". Deux bustes sont inaugurés à cette occasion , celui de Frédéric Le Play et celui d'Eugène Boudin (dans le jardin de la "Nouvelle France").

En 1900, l'association fonde l'école des marins de la Basse Seine  pour former les jeunes aux métiers et de pêcheurs. Son fonctionnement aujourd'hui indépendant du Vieux Honfleur se perpétue sous le nom de l'association "La chaloupe".
En 1901, le premier musée d'ethnographie et d'art populaire est inauguré dans la maison en pan de bois du XVIe siècle achetée et aménagée avec les fonds de la loterie. Dès lors, l'église Saint-Etienne dans laquelle on continue de présenter quelques objets muséographiques, notamment les plus voluminieux, comme l'ancien retable baroque de l'église Sainte-Catherine déposé lors des travaux de restauration de l'église sous l'égide des Monuments Historique, peut servir de salle de réunion et d'exposition temporaire.
En 1902 l'association y inaugure  une série de réunions, "Les veillées normandes",  avec causeries, auditions, projections qui connurent un grand succès.
En 1903, l'association crée à Honfleur le concours annuel  des fenêtres et balcons fleuris. L'idée est nouvelle; elle est reprise un temps à Paris puis dans d'autrres villes de France. Cette tradition se perpétue à Honfleur encore aujourd'hui.
Se souvenant du rôle prépondérant joué par Honfleur, ses armateurs et ses marins, dans la découverte et la colonisation du Canada, l'association  prend  l'initiative de renouer des relations de cousinage avec les Québécois.L'initiative est d'autant plus appréciée sur les rives du Saint-Laurent que c'est le premier appel reçu de France depuis l'annexion de cette province par l'Angleterre au traité de Paris en 1763. Le gouvernement du Québec délégue à Honfleur l'un de ses ministres, Adélard Turgeon, pour la première manifestation d'amitié franco-canadienne. C'est en souvenir de cette  manifestation de 1905  qu'est créée sur les bords du lac Saint-Jean  la paroisse de Honfleur où Louis Hamon  situe son roman "Maria Chapdelaine". Le 3e centenaire de la fondation du Québec en 1908, est célébré dans le cadre d'une nouvelle grande  fête franco-canadienne. Une plaque est apposée sur le mur de la Lieutenance pour commémorer l'évènement en présentant la liste des voyages entrepris à partir de Honfleur par Champlain.

L'association  met également en oeuvre une politique éditoriale pour faire connaître les "genres de vie" traditionnels à Honfleur et de manière plus large en Normandie. Léon Leclerc lance la revue "Le pays Normand",  édite l'ouvrage de Charles Bréard "Vieilles rues, vieilles maisons de Honfleur du XVe siècle à nos jours", rédige pour le jeune syndicat d'initiative chargé de la promotion touristique de la ville, un petit opuscule présentant l'histoire et les principaux monuments de Honfleur.

Dès années 1920 à la fin des années 1970

La guerre 1914-1918 marque une rupture profonde dans la vie de l'association. Ses fondateurs sont décédés à l'exception de Léon Leclerc qui s'éteint en 1930. La phase la plus créative de l'association est passée. Des années 1920 aux années 1970, elle poursuit son action: organise des conférences, réalise quelques expositions temporaires, initie une nouvelle pratique, celle des promenades-découvertes d'été  qui permettent d'élargir le champ d'horizon du Vieux-Honfleur en faisant connaître à ses membres  le patrimoine augeron, gère le musée d'ethnographie en l'ouvrant essentiellement à la belle saison.
Plusieurs personnalités incarnent la continuité  du Vieux-Honfleur, les fils et petits fils d'Albert Sorel qui président successivement l'association, Marie Thérèse Turgis qui prend la succession de Leon Leclerc au poste de secrétaire général et poursuit son oeuvre, attachée à enrichir les collections. Sur ses ressources propres elle prépare l'avenir des musées et la protection du patrimoine local en achetant le Manoir du Désert sur le "plateau" de Gonneville, manoir du XVe siècle dont l'authenticité a été respectée, deux immeubles, respectivement rue de la Prison et rue des petites Boucheries, afin de pouvoir agrandir le musée d'ethnographie et en ouvrir un autre, consacré au patrimoine rural. Peu avant la fin de sa vie -elle décède en 1975- elle légue à l'association l'ensemble de ses biens immobiliers.
C'est en 1976 que Pierre Orange le conservateur bénévole du Vieux Honfleur entreprend la création d'un deuxième musée dans l'église Saint-Etienne en rassemblant et ordonnant la présentation des collections "maritimes " de l'association. Le Vieux Honfleur organise à partir de cette date ses conférences dans  des salles mise à disposition par la mairie.


Le Vieux Honfleur aujourd'hui
A la fin des années 1970 et au début de années 1980 se produit un changement générationnel à la tête de l'association. Le renouvellement de ses dirigeants se produit dans  un contexte nouveau, celui du développement d'un tourisme patrimonial de masse. Les idées défendues par le Vieux Honfleur  deviennent "majoritaires" dans l'opinion. Le patrimoine n'est plus perçu uniquement comme un coût mais aussi comme une ressource. Un secteur sauvegardé est mis en oeuvre à Honfleur avec le soutien de l'association qui y voit la concrétisation d'un combat presque séculaire.
L 'association entreprend  de rénover le musée d'ethnographie sous la conduite d'Anne Marie Bergeret qui a remplacé à Pierre Orange décédé en 1985, avec l'aide de dons (celui notamment de madame Schlumberger).Quelques années plus tard, c'est le musée de la marine qui bénéficie d'une réorganisation pour mieux répondre aux attentes du public qui a besoin d'être guidé dans la découverte des objets exposés.
L'organisation de conférences publiques plus nombreuses sur des thèmes historiques et patrimoniaux, devient un objectif central , à la  promenade annuellle  de l'été s'ajoute bientôt celle du printemps, puis celle d'automne. Les conditions matérielles de leur organisation évoluent  : le car qui permet  de regrouper tous les participants et offre l'opportunité d'une présentation en continu des lieux traversés, est abandonné au grand regret de tous au profit du déplacement en co-voiturage pour éviter que le coût  devienne prohibitif pour les participants.
L'association doit se séparer progressivement des immeubles que lui a légués  M. T Turgis au profit de la commune dans le respect strict des conditions du legs, n'ayant pas les moyens financiers suffisants pour entreprendre les travaux très coûteux qu'impose leur restauration et leur transformation pour un usage muséographique. La ville qui est depuis les premiers pas de l'association son partenaire,  prend le relais également dans la gestion des musées. L'association  reste propriétaire des collections et oriente son action plus systématiquement vers leur promotion, tout en poursuivant  leur enrichissement ( l'atelier du tonnelier) ou leur restauration (la frégate la Nymphe). 
L'association reprend des initiatives dans le domaine de l'édition (domaine d'action abandonné depuis la mort de Léon Leclerc). D'abord en rééditant l'ouvrage de Charles Bréard "Vieilles rues vieilles maison de Honfleur" (tombé hélas dans le domaine public, permettant à des sociétés privées de concurrencer le Vieux-Honfleur). Un bulletin annuel est à partir de 2002 adressé à tous les membres de la société et largement diffusé auprès d'un large public. Deux ouvrages dont la démarche est novatrice sont proposés actuellement à la vente en librairie, aux comptoirs de vente des musées et à l'office de tourisme : "Honfleur, histoire et patrimoine" et "100 clés pour comprendre Honfleur".Un site Internet est ouvert pour permettre une plus large diffusion de notre action. Il s'adresse à un public cultivé désireux de mieux connaître le patrimoine et l'histoire de la ville et aussi, plus spécifiquement aux enseignants, afin de les inciter à faire découvrir la ville à leurs élèves, le Vieux-Honfleur étant convaincu que la connaissance du patrimoine est une des dimensions nécessaires de la formation du citoyen.